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J’ai ouvert le troisième tome du Fossoyeur de Chihiro Watanabe et je ne l’ai pas refermé avant de l’avoir terminé. Il est si rare de trouver une histoire qui m’entraîne de bout en bout sans que je ne décroche, je tiens là une véritable pépite dont je vais vous en conter la chronique.


Le fossoyeur (T03)


Saga : Le fossoyeur

Scénario : Chihiro Watanabe

Dessin : Chihiro Watanabe

Genre : shonen horreur

Éditeur : Komikku

Sortie : 1er juillet 2021

Pages : 175 pages

Prix : 7,99€

Synopsis : L’équipe combinée expérimentale, composée de fossoyeurs et de possédés, est née. Sa première mission consiste à secourir les disparus de la ville fantôme et d’éliminer dans le même temps tous les possédés en phase de mort qui s’y trouvent. Seulement, les choses sont loin de se passer comme prévu. Alors que Hitsugi et ses nouveaux compagnons s’attendaient à combattre des groupes de possédés, seul Junk, le numéro deux du conglomérat Mito se tient face à eux.

Note : 4.5 sur 5.


Un récit au cœur d’un combat : une maîtrise du dialogue et de l’action

Le Fossoyeur est l’histoire d’Hitsugi Saikawa, un enfant torturé par ses traumatismes, héritier du métier de son père contre sa volonté. Se déployant à décapiter les possédés pour libérer leur âme, le voilà au sein d’un complot dirigé contre le conglomérat pharmaceutique Miko. L’équipe d’Hitsugi est dirigée par Karma Miko, le fils même du patron. Il faut dire que le nombre de possédés surpuissants en sans cesse augmentation n’est pas anodin. Rendez-vous est pris dans de sombres ruelles, un quartier évacué, inhabité… C’est là où l’équipe des fossoyeurs nouvellement constituée va combattre le bras droit du conglomérat, Junk le cannibale. L’ensemble du tome se concentre autour de ce combat. Si on pouvait s’imaginer une certaine longueur : il n’en est rien ! Watanabe maîtrise l’art du scénario en projetant sur ses planches à la fois du combat mais surtout de l’histoire ! Les dialogues émouvants, les monstruosités plus ou moins implicites, les flash-backs donnent de la forme et du cœur à l’ouvrage. Je veux parler de cette scène où Hitsugi revoit son père, lui souhaite qu’il veut mourir, ne pas revenir sur Terre, dans la souffrance qu’il habite : c’est poignant. La psychologie est maîtrisée et me plaît. Le Fossoyeur me tient en haleine ainsi : le mangaka maîtrise l’art du dialogue et de l’action avec un talent admirable. Watanabe sait annoncer des scènes qui se produiront des dizaines de planches ensuite et pourtant continuer à nous surprendre.



Les dernières chaines qui le maintiennent…

Hitsugi affronte l’ennemi le plus puissant qu’il a affronté jusqu’ici, Junk le cannibale. Dans ce seinen horreur, la chose est sans doute commune, néanmoins l’idée qu’il bouffe et prend l’apparence de celui qu’il a digérée reste gore. Surtout, c’est un ennemi qui se veut responsable de tout et calculateur. Ce point-là est peut-être à retravailler car assez peu efficace et sans doute un peu tiré par les cheveux. Toutefois, Hitsugi doit se surpasser, encore une fois, à lui qu’on demande tant d’efforts alors qu’il souffre de l’intérieur. Si ses chaines furent brisées il y a encore peu avec Karma, il n’en reste pas moins qu’il ne peut encore exécuter autrui sans en souffrir – alors que c’est son métier. Ce combat est le récit d’Hitsugi et de son traumatisme, le jeune lycéen souffre de ce qu’il a fait, de ce qu’il est devenu et ne peut vaincre tant qu’il n’a pas accepté sa condition. Les dialogues et l’imagination de Watanabe pour raconter cette histoire sont vraiment passionnants et tout le combat tourne autour de cela. Pour briser ses chaines, Hitsugi doit souffrir. La violence psychologique est au centre du tome 3 du Fossoyeur, je ne m’attendais pas à de telles péripéties, à des morts aussi soudaines qu’inattendues. Le sang continue de gicler, et le gore à faire son œuvre !



Vers la guerre

C’était un tome passionnant. Un tome qui a pris son temps – seulement un gros combat – mais pour nous raconter une histoire en bonne et due forme. Surtout, il est le prélude au combat final, à la déclaration ouverte d’une guerre entre le clan des Fossoyeurs-Possédés et celui du conglomérat. Si l’histoire manque peut-être d’enjeux plus généraux (une ville à sauver, des populations précises en danger…), il n’en est pas moins que j’ai très hâte de découvrir ce qu’il va advenir, notamment comment Hitsugi affrontera son destin de Fossoyeur, ce métier qui le faisait tant rêver lorsqu’il était enfant.

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