Lecture de presse du jour avec cette page dans Sud-Ouest (numéro du samedi 5 décembre 2020) sur une affaire qui m’interpelle, celle d’un immigré qui a certes menti sur son âge mais s’est intégré au pays, et qui fait l’objet d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). De quoi nous poser des questions sur notre système d’immigration…

Intégré mais expulsé

Voilà de quoi interroger notre système d’immigration. En Gironde, Silima Diagouraga doit quitter le territoire français. Ce Malien superbement intégré a fait un CAP boulanger puis a trouvé un CDI auprès du E-Leclerc de Cars. Le gérant de l’enseigne locale ainsi que le responsable du rayon auquel il travaille témoignent d’un gars travailleur, sans aucun retard et sans doute le meilleur apprenti et employé qu’ils ont eu jusqu’ici. Une immigration réussie. Mais voilà qu’il doit quitter le territoire français, car Silima Diagouraga a fraudé. Afin de bénéficier du dispositif d’accompagnement du Conseil départemental sur l’aide sociale à l’enfance, cet homme de 27 ans s’est fait passer pour un mineur. Le mensonge sur l’âge est un phénomène bien connu de l’immigration française, car être mineur offre des avantages qu’un adulte ne peut avoir. En mentant sur son âge, Silima Diagouraga a pu s’inscrire dans une formation, avoir un diplôme et être embauché. S’il ne l’avait pas fait, il serait sans doute dans la rue à mendier, ou au moins en très grande condition de précarité. Là se pose donc un dilemme moral… certes cet homme a fraudé, mais l’objectif de l’immigration en France n’est-il pas celui de l’intégration ? Aujourd’hui, cet homme ne pose aucun problème et est un élément actif de la société, lui qui ne veut surtout pas quitter le territoire français reçoit le soutien des élus locaux et des habitants de sa ville. Faut-il forcément appliquer la loi et expulser un homme qui n’est qu’un chiffre aux yeux de la préfecture plutôt que de l’aider et de continuer à l’accueillir ? Au moins, s’il devait être condamné, qu’il le soit en France mais puisse continuer à y vivre, plutôt que d’être expulsé.

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